dimanche 24 novembre 2013

Severine Grenda 'Im-plant-ation(s)
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                                                  (c)ADCK-CCT, photogr. Eric Dell'Erba                                                 
                                                      
Severine Grenda Im-plant-ation(s)


Séverine Grenda part de la maison pour multiplier l'idée même de maison. Intervenant dans un espace occupé par un meuble très mposant, l'artiste a choisi d'évoquer ce qui, à partir de ce lieu qu'est le château Hagen - et sans doute de cette pièce même qui était le bureau de Tibby Hagen - il s'est, dans le passé, déployé en termes de quartier, de logique de ville, de perspectives de rentabilité dans le domaine de la construction en série….L'accession à la propriété - et son pendant, la spoliation - est l'un des enjeux majeurs de l'histoire de la colonisation. Dans les récits historiques, le colon est défini comme quelqu'un qui vient s'installer 'définitivement' sur une terre, qui, le plus souvent, est pour lui, synonyme de renaissance, survie, nouvelle identification ….On parle de 'concession' ; mais, finalement, qui concède quoi à qui? Qu'est-ce qui est concédé? Habite-on ou est-on habité par une histoire? Séverine Grenda poursuit ici un propos déjà abordé dans un travail intitulé ' demain-j'accède-à-la-proprietè'. Calédonienne, elle se sent particulièrement concernée par l'histoire de 'l'implantation' et les répercussions que cela peut avoir sur plusieurs générations.

Véronique Menet 'Confort moderne
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                                                                         (c)ADCK-CCT, photogr. Eric Dell'Erba

Véronique Menet Confort moderne


« Arrivée sur le perron du château, j’embrasse du regard le hall majestueux, qui m’inspire un certain émerveillement. Puis, je dirige mes pas vers le salon aux proportions amples, pour y découvrir un intérieur confortable et bourgeois où tous les objets sont remis en cause.
Chaque élément, offrant fonction et confort à la pièce, est disséqué, démonté, mis à nu. Je ne peux plus m’assoir, je ne peux plus lire l’heure, je ne peux plus mettre mes chaussures.
L’objet trouve sa fonction dans l’assemblage de pièces ajustées, mais, désassemblés, ces éléments deviennent abstraits et perdent leur sens initial. Ces formes, sont comme les lettres d’un nouvel alphabet. Elles racontent des histoires qui m’échappent, mais que j’aimerais bien attraper. » Véronique Menet

samedi 23 novembre 2013

Florence Giuliani 'Une loi organique'

                                                                   (c)ADCK-CCT, photogr. Eric Dell'Erba

Florence Giuliani Une loi organique

Constituée, en grande partie, d'anneaux de carton recouverts de différentes textures, la masse présente dans la case Vinimoi est à multiples entrées. Certains passages intérieurs sont courts, d'autres traversants. Question de point de vue.

A hauteur d'homme, posée sur un ensemble de tables dont les pieds sont comme des pilotis, la masse est animale, végétale, humaine ; elle a une peau, des peaux.

Construction fragile, menacée par toutes sortes de périls, elle a été sécrétée selon un principe très naturel, anneau par anneau, l'un donnant naissance à l'autre, dans une fabrication de volume à l'apparence très organique. En fait, la masse est architecturée, joue sur le dense et le léger et les entrées de lumière. Tout d'abord on ne sait pas à quoi on a affaire, cela paraît ingérable, énorme, sans prise; mais, à bien y regarder, et à regarder à l'intérieur, on découvre tout autre chose, on a des perspectives, linéaires ou incurvées. Plusieurs points de vue, plusieurs façons de structurer simultanément la pensée d'une situation.

Anneau par anneau, on construit du possible; individuellement et collectivement; on sécrète du constructible, tous et chacun d'entre nous. C'est ce pays-là que l'on habite; avec sa nature si riche, il a comme une texture et ce qui nous lie à lui est aussi tout à fait organique. Pays du corps, de l'esprit, de la pensée, il se développe, avec une enveloppe multiple, une enveloppe animale, végétale, humaine; il est un habitat, un habitacle, il demande à ce que l'on se penche un peu pour l'envisager de l'intérieur ; il demande à ce que les logiques intérieures d'une situation soient envisagées simultanément.


jeudi 21 novembre 2013

Ariella Blancher 'Fils'

                                                                         (c)ADCK-CCT, photogr. Eric Dell'Erba



Ariella Blancher Fils

Dans un espace protocolaire du château, dans lequel des meubles et objets de valeur accompagnent la visite de visiteurs de marque, des cocons déploient des fils de couleurs multiples. Installation porteuse d'un double sens possible, on peut envisager ces cocons plein de vie comme des envahissements dans des espaces qui veulent conserver intacte la trace d'un passé que l'on pourrait considérer comme figé.
A l'inverse, ces cocons fertiles peuvent aussi être vus comme l'apport renouvelé de visions pour l'avenir, de sens multipliés. Ils semblent dire que l'on en est bien toujours à la genèse d'un monde et que les nouvelles formes à venir donneront leur part de sens là où il n'y en a encore qu'à grand peine.

Jean-Michel Boéné / Hélène Janet … 'Histoires d'outils'

(c)ADCK-CCT, photogr. Eric Dell'Erba


Jean-Michel Boéné / Hélène Janet … Histoires d'outils'

Mis en relation les uns avec les autres, des outils dialoguent, formant un ensemble mystérieux. Ils sont placés sur des étagères qui, elles aussi, ont une histoire et ont été faites sur mesure pour exposer les trophées de la jeunesse sportive d'un responsable politique calédonien aujourd'hui disparu.
Tous les outils disent la quête de savoir-faire. Chacun d'entre eux pose une énigme en étant détourné de son aspect habituel ou en ayant des particularités étonnantes: des outils a l'apparence pauvre et bricolée, permettent, en réalité, de veiller à l'absolue perfection de la courbe d'un élément du toit du château ; un autre, conique, met en avant la présence d'un cylindre, dans un jeu de formes qui semble improbable à première vue; le tranchant d'une hache en savon fait d'un objet qui évoque le danger, un objet pacifique; un hameçon, qui sert à ne préserver que la quantité de poisson strictement nécessaire à la nourriture quotidienne, se transforme en crochet qui ratisse, bien plus qu'il ne faut, le fond des mers... L'ensemble de ces outils dit aussi à quel point le château Hagen est un lieu marqué par l'idée d'excellence. Volumes, éléments de décoration, ambitions d'une famille pour un pays dont elle veut développer ce qu'elle pense être les potentiels, marquent l'histoire de ce bâtiment ambassadeur d'aspects d'une culture dont il magnifie l'exemple. Les ombres projetées de certains de ces outils racontent-ils une histoire un peu différente?


Laurence Lagabrielle 'Des humains et des cycles'


Laurence Lagabrielle  Des humains et des cycles

Deux dessins pour trois personnages. Le premier d'entre eux donne vie par la parole à son double dans une relation sans fin. Il est ici
question de cycle de vie et la colonne vertébrale, brisée en plusieurs points, ainsi que la quasi-transparence du personnage inversé peuvent donner lieu à plusieurs interprétations possibles: un épuisement des ressources vitales à force de souffler sans fin une vie à un être qui ne prend pas corps?Le début de l'épuisement d'un cycle pour la naissance d'un autre, à venir?
Le personnage du second dessin, lui, semble garder en réserve, derrière lui, une quantité infinie d'astres, cycles à venir qui commencent à passer par lui, cycles passés qui le fondent? La relation au temps semble suspendue dans les deux œuvres. Elle sont, à l'instar d'autres œuvres présentées dans cette exposition, les témoins d'un lien à la cosmologie que le titre 'A la lumière d'un doute' semble favoriser dans beaucoup des propositions des artistes participant.

jeudi 14 novembre 2013

Marc Faucompré 'Le temps océanien et le boson de Higgs '


Marc Faucompré  'Le temps océanien et le boson de Higgs '

Par son intervention, Marc Faucompré donne le départ d'un ensemble de modules qui prendront place sur les terrasses Est du centre culturel Tjibaou.
Tout au long de la période estivale, des artistes seront invités à augmenter cette installation. Pour initier cette expérimentation entre abouti et inabouti, Marc Faucompré place un élément qui évoque une nouvelle conception du temps avancée par les scientifiques après la découverte du boson de Higgs - découverte scientifique très récemment couronnée par le prix Nobel de physique. Pour certains chercheurs, le temps ne serait plus cette flèche lisse à la trajectoire irréversible. Comme dans la conception océanienne du temps, le passé, le présent et le futur seraient si intimement liés que l'ordre temporel ne serait plus univoque. L'artiste propose une représentation visuelle de ce concept où les liens océaniens déforment le fil du temps de la conception occidentale qui prévalait jusqu'ici et où le boson de Higgs - particule d'interaction ou de force qui permet aux particules d'acquérir une masse - donne aux objets l'illusion de la masse.